mercredi 7 mai 2008
Il me demande si ça ne me dérange pas, et s'assoit en face de moi sans attendre ma réponse.
Il s'assoit en face de moi, et nos genoux s'entrechoquent.
Il sourit, "Soit tu as de grandes jambes, soit ce train est trop petit..."
Je marmonne une réponse, je suis concentrée sur mon ordinateur, je suis en train de répondre à une question strictement professionnelle très importante.
Il ne se démonte pas, et continue de me parler.
Il me tutoie d'office, porté par toute l'assurance de son physique.
Il est très mignon, et il le sait.
Il a le sourire du garçon qui plait aux femmes & aux filles.
Il est très mignon, et très jeune.
J'ai le droit à l'histoire de sa vie & la photo de son permis.
J'ai le droit à des tonnes de clichés & la photo de sa carte d'identité.
J'ai le droit à la description de toutes ses relations & la photo de sa carte de réduction.
J'ai le droit à son avis sur la gente féminine & le nom de ses copines.
Il veut mon avis, Elodie ou Sylvie ?
Il veut mon avis de femme mûre.
De femme expérimentée.
Il sourit en coin, le petit con, persuadé qu'il me plait.
Et je souris aussi, amusée de constater que la seule envie que j'ai est de...
...LUI METTRE UNE BONNE FESSÉE !
dimanche 4 mai 2008
Une grosse larme roule sur ma joue et vient s'écraser dans le pot de Häagen Dazs. Vautrée dans mon canapé, mon ordinateur en équilibre sur le ventre, le pot de glace en équilibre instable, je recherche vainement la position qui tire le moins possible, parce que vache que j'ai mal - mais je vais encore me faire déshériter, chut. Je mate un truc débile à la télé, un truc bien sentimental, bien guimauve, bien américain, qui me fait chialer comme un veau qui a perdu sa mère. C'est dans ces moments là que je réalise, à mon grand désarroi, que ma vie n'est pas un film : quand je pleure, c'est pas du photogénique, y a les larmes, la morve et le rimmel qui coagulent. Rien à voir avec mes héroïnes favorites qui restent belles même quand elles couinent. Entre deux reniflements, je m'enfourne une grosse cuillère de glace dans la bouche... Je sais bien que cette foutue émission de télé n'est qu'un prétexte aux grandes eaux et l'orgie de noix de pécan, mais j'ai pas envie de zapper, ni de m'arrêter de chouiner : le calcul est simple, plus j'évacue, plus je me fatigue. Plus je me fatigue, et plus je vais...
Enfin dormir ?
mardi 29 avril 2008
J'm'étais dit que j'allais arrêter de vous saouler avec mon club de gym et mes exploits sportifs, mais en même temps, bon, de quoi je pourrais bien vous parler ? De mes chats ? Déjà lu & relu. De mon boulot ? Hahahaha. Ha. Ha. Qu'est ce que je pourrais vous dire si ce n'est que je remplace temporairement le directeur de projet sur "Cacahuète 427" pendant ses congés, et que ça se passe mal ? Forcément, hein. Me connaissant, ça ne pouvait que mal se passer... Je pourrais p'tête éventuellement vous parler de mes insomnies passées à gamberger sur l'univers, la vie, ma vie, les poissons et le reste. J'en aurai des trucs à dire sur ma fâcheuse tendance à en faire tout un fromage, à me comporter comme une gamine, et bouder parce que ça ne se passe pas comme je veux. Je pourrais vous parler de trucs profonds, intelligents, qui changeraient votre vie à tout jamais.
Mais en fait non.
Parce que le truc génial à mon club de gym, c'est de pouvoir mater. Sans vergogne, et à s'en rendre aveugle. Y a de tout, des petits culs, des gros, des mous. Y a des moches, et des craquants. Des blondes, des brunes et des roux. Protégée par mon baladeur poussé à fond sur de la musique qui éteint le bruit blanc de mon cerveau, je regarde. Les minettes qui se pèsent toutes les 2 séries d'abdo, "ooooh j'ai perdu 3g500 !", les minets qui s'observent les biceps dans la glace en vérifiant bien du coin de l'œil qu'au moins une minette les zieute, sinon, hein aucun intérêt : c'est l'observation qui leur donne leur propriété.
Je croise le regard de l'un d'entre eux. Mince, il a vu que je le regardais. Je fais mine d'être très absorbée par l'écran de mon vélo elliptique. A travers mes cheveux qui collent à mon visage, je le vois qui s'approche avec un grand sourire. Eh meeeeeeerde, je vais encore me faire draguer, c'est lourd à la fin.
- Madame ?
- Oui ?
- Excusez moi de vous déranger mais...
- Oui, quoi ? QUOI ? Je suis belle ? Vous voulez mon numéro de téléphone ? Quoi ?
- Euuuh... Non, je voulais juste vous dire, vous... Vous pédalez à l'envers, là.
dimanche 27 avril 2008
- Mmmmpf...
- ....
- MmrrggmmMMmmGGnnNNGgg !
- ....
- Gniiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaamrrrmmmppff !
- Vous avez besoin d'aide peut-être ?
- Uh ? Hein ? Nan...
- ...
- ...
- Vous avez l'air coincée...
- Gnnnnnnnnnnnrrrmpppppppppppffff !
- En tout cas, vous êtes vraiment souple, hein.
- MmmrrGGgGGnnnpfff !!
- J'avais jamais vu personne mettre ses jambes comme ça sur la machine à abdos...
mardi 15 avril 2008
Aujourd'hui, j'ai mis mon plus beau chemisier, mon collier préféré et par erreur, du parfum d'homme. Du coup, je me suis mise à marcher comme un cowboy. Arrivée au Groupe V., je vais faire la bise à ma frangine qui fête ses 29 ans. Elle part demain matin pour Pays Lointain Et Moins Froid Maintenant, et elle a un espèce de gala avec "Tenue correcte exigée". Elle m'explique ça en regardant mon beau chemisier. Et mon joli collier. Cinq minutes plus tard, et une petite escale aux toilettes du deuxième étage, je me retrouve en pull, et je la regarde s'éloigner. Elle marche comme un cowboy, là non ?
samedi 12 avril 2008
Tu gamberges à ne plus pouvoir en dormir pendant plusieurs nuits. Soudain, t'as LA putain de bonne idée lumineuse. Tu vas noter proprement sur ton petit cahier à carreaux noirs & blancs tout ce qui te travaille, et tu vas l'organiser, le classer, le ranger, l'ordonner. N'est-ce pas la première étape vers la solution ? Pis bon, t'es quand même super forte pour prendre des notes : ton chef bien aimé te chambre régulièrement sur tes compétences de dactylo, de fourbes collègues bien moins organisés que toi photocopient systématiquement ton cahier à l'issu des réunions. Alors t'y vas. Tu notes. T'as pas les yeux en face des trous, parce que vu ce que tu dors en ce moment, ton sang de marmotte s'est limite figé et tes connexions neuronales sont pas des masses irriguées. Tu notes, t'as du mal, tu te disperses, tu digresses, mais tu tiens bon. Accrochée à ton stylo, tu tires un peu la langue, comme une bonne petite élève concentrée. Au bout d'un moment, tu te relis. Ha. Oui. Quand même. Okay. Ouh, putain. Bon. Merde. Tu te grattes la tête, tu sais pas trop quoi faire du coup. Tu t'es laissée t'exprimer, et t'as comme la vague impression que tu ne dormiras plus jamais.
jeudi 10 avril 2008
- Le contrôleur vraiment chelou du train de ce matin m'avoue qu'il m'a regardée dormir, et qu'il me trouve "vraiment très belle, mademoiselle" - ouais bien sûr, chuis pas maquillée, pas coiffée, j'me suis pas brossé les dents, moi le train c'est en roots-freestyle, je te sens plutôt désespéré à tendance myope là, mon grand - "voilà mon numéro de téléphone, n'hésitez pas à m'appeler".
- Les fantômes du passé m'envoient des putains de mails au lieu de rester morts & enterrés.
- Certains mystères resteront à jamais inexpliqués. Comme ma putain de naïveté, qui me fait tomber des nues comme une abrutie d'ingénue.
1+2+3 = oh, ça va le karma là, tu vas emmerder quelqu'un d'autre ?
Merci.