Par moments, je ne supporte vraiment pas ma tronche. Et quand je dis que je ne la supporte pas, c'est encore un euphémisme. Dès que je me croise dans un miroir, je sursaute et je fais la grimace. Enfin, quand je dis tronche, je pourrais être plus précise. Il s'agit en fait de mes cheveux. Je suis toujours, toujours, toujours ultra méga mal coiffée. De mon grand père camerounais que je n'ai jamais connu, j'ai hérité de ces espèces de poils de cul crépus et épais qui ont fait froncer le sourcil à toute une batterie de coiffeurs, le plus hypocrite de tous ayant osé me sortir un jour que mes cheveux "avaient une forte personnalité".
Je dépense des fortunes en crèmes, lotions, baumes, après-baumes, lissants, démélants, spray, gel, etc, pour qu'ils continuent uniquement à ressembler à ce qu'ils sont : des poils de cul crépus et épais.
Dans ces moments là, je déteste tellement mes cheveux que je suis prise d'une envie irrépressible et incontrôlable de les couper. Le plus court possible. Là. Maintenant. Tout de suite.
Ces crises aigües m'ont déjà amené à jouer du ciseau sur le coup des deux heures du mat', et à sécher cours ou boulot le lendemain matin pour ramper en larmes chez le coiffeur, la chevelure dévastée habillement dissimulée sous un bandana, en le suppliant par pitié de faire quelque chose.
Et à force de subir régulièrement ces crises aigûes, mes cheveux sont de plus en plus courts. Au niveau des épaules au début de ma thèse, ils ne descendent plus que jusqu'à mes oreilles à l'heure actuelle. C'est encore trop long.
Dès que j'en ai le courage, je leur présente une tondeuse.
Ca leur apprendra.