J'ai abusé de la boisson hier soir, alors forcément ce matin, c'était dur. Très dur.
Levée à la bourre, la gueule en vrac, le cerveau aux abonnés absents.
J'arrive au boulot et je me mets à chercher mon téléphone portable que je n'avais pas vu depuis la veille et que je pensais donc par voie de conséquence logique avoir oublié quelque part entre mes publis à lire en retard et mes publis à lire très en retard.
Mais que dalle, pas de portable.
Je continue à chercher un peu hystérique, quand, attirés par mes cris, mes stagiaires me suggèrent de m'appeler.
Han, mais 'spas bête ça.
On me passe un portable et je m'appelle.
Ca sonne deux fois et ça décroche. Une voix de jeune fille me dit :
- "Allo ?"
- "C'est qui ?" je demande, hargneuse.
- "Pardon ?"
- "Ouais, c'est qui, putain !?"
- "Excusez moi ?"
- "Ecoute, salope, c'est mon portable que tu as, là, alors tu vas..."
- "Excusez moi, mais vous faites erreur je pense, quel est votre numéro ?"
- "Dis donc pétasse, tu crois que je connais pas mon numéro ? Mon numéro, c'est le...."

Et là, évidemment, en énonçant les chiffres, je me rend compte que je me suis plantée dans le dernier.

- "Ah ouais, t'as raison, merde, euh, ben, désolée..."
- "Mais tout le plaisir est pour moi."

C'est officiel. L'abus d'alcool nuit gravement à ma douceur et à ma gentillesse pourtant légendaires.