La chatoune a sournoisement machouillé mon unique paire de sandales.
Pour m'éviter le coup de chaleur pédestre par ces temps de canicule, ma mère m'a donné une paire des siennes.
Et quelle paire.
Je suis tombée amoureuse de ces sandales dès que je les ai vues. Noir et métal vieux argent, coupe design et hypster, à lacer sur la cheville, made in Italy of course, elles ont sûrement coûté le tiers de mon salaire. Avec ces sandales à mes pieds, je fais un bon en avant de deux catégories dans la classe, le style et la fashion victim attitude.
Seulement, voilà, il me faut une demi-heure par sandale le matin avant de réussi à les lacer correctement - le truc, c'est de trouver le juste équilibre entre un maintien correct et une circulation sanguine acceptable.
Je ne peux pas faire de vélo quand je les porte. Conduire une voiture avec, c'est mettre en danger ma vie et celle d'autrui. Les lanières en daim noir déteignent sur ma peau bronzée. Je dois réfléchir à chaque pas pour pas me casser la gueule, et à peine arrivée au boulot, je les enlève...
Mais putain, qu'est ce qu'elles sont belles.