Je suis sûre que vous connaissez cette impression étrange que votre vie vous échappe.
Genre, vous êtes assis, là, sur le rebord du trottoir et vous la regardez passer - votre vie - comme la caravane du Tour de France.
Genre, vous contrôlez rien, genre, vous êtes spectateur, vous regardez juste et vous n'intervenez pas.

Et bien - mais vous vous en doutiez déjà, vous êtes des petits malins - cette sensation, je l'ai, là.
Juste là, maintenant.
Elle se niche dans le creux de mon plexus, elle me monte à la gorge.
C'est bizarre. C'est frustrant. C'est énervant.
Je pourrais faire quelque chose, me lever, sauter au milieu de la route, me prendre un camion publicitaire dans la gueule.
Je pourrais intervenir. Décider. Bouger.
Mais je reste juste là. Assise. Bêtement.
Et ça, ça m'énerve encore plus.

Mon corps et mon humeur pèsent des tonnes.
J'en ai marre d'attendre que quelque chose arrive.
J'en ai marre de me dire que cette chose est peut être déjà arrivée et que je l'ai loupée.