Je monte péniblement les quatre étages d'escaliers, je me traine dans les couloirs et j'arrive à mon bureau en nage.
Je croise mes collègues, éblouissants de santé et de sourires, alors que je macère dans ma sueur en cherchant la clé de mon bureau dans les multiples recoins de mon sac sans fond.
- "Salut, Saki, alors toujours vivante ? Comment ça va ton petit rhume ?"
- "Ma petite grippe, j'ai eu la grippe."
[...]
- "Tiens, te revoilà toi, ouh là là mais qu'est ce que t'es blanche, il devait être méchant ton rhume."
- "Ma grippe, c'était la grippe."
[...]
- "Mon dieu, mais t'as vu un peu les cernes que tu as ?! Bon, tu m'en veux pas, j'te fais pas la bise, hein, Saki, j'veux pas chopper ton rhume..."
- "Ma grippe. Ma GRIPPE ! "
[...]
Je trouve enfin la clé, j'ouvre la porte et je m'affale sur ma chaise, pantelante, dégoulinante, le coeur en surrégime bourdonnant à mes oreilles.
Je respire, je déglutis, et je commence à tousser.
Je crache ma gorge et mes poumons pendant 5 bonnes minutes avant de reussir à me calmer. 
Je ferme les yeux.
Je me sens grise et triste, et je sais que ça n'a rien à voir avec ma grippe.
Je soupire.
Je sors mon portable de sa sacoche, je le branche, je l'allume.
Il boote lentement.
Je regarde dehors, par la fenêtre.
Il pleut.