Hier soir, tout le labo était à l'apéro chez mon responsable de thèse.
On a été reçu comme des princes, les toats se comptaient par centaine, les petits fours débordaient des assiettes, les chips étaient croquantes et le guacamole onctueux à souhait. Y avait même des petites saucisses enroulées dans de la pâte, et l'assiette était posée juste en face de moi, le bonheur.
On ne s'est pas méfiés une seconde. Même quand on a vu les trois saladiers de punch - au choix parfum planteur, coco ou goyave et épices - et les bouteilles de rhum arrangés spécialement pour l'occasion.
J'étais en train de me resservir un 6ème verre de ponch goyave, histoire d'être vraiment sûre que c'était mon préféré, quand il a annoncé la nouvelle.
Il part en vacances.
Dans les îles.
Ce soir.
Jusque mi-janvier.
En plein dans la période la plus importante et capitale et cruciale pour nous, les thésards du labo en instance de fin de thèse. Pour vous donner une idée de l'énormité du truc... non, je trouve rien qui puisse vous donner une idée, alors imaginez un truc énorme.
Y a eu comme un moment de flottement quand il a annoncé ça. Quelques petites remarques. Et puis, la conversation a repris son cours. Pas d'apocalypse. Pas de tremblements de terre. Pas de cris, pas de pleurs, pas de menaces de morts.

En partant, j'ai demandé la recette pour les punchs.
Je vais faire les mêmes à la soirée où j'annonce que je soutiens pas.