Le pansement réduit de moitié par les mains expertes d'une douce infirmière, je me remets de mes émotions en reprenant mon souffle. Je viens d'insulter copieusement et jusqu'à la 42ème génération le chirurgien orthopédique qui m'a opérée lundi. Ce *censuré* n'a pas jugé bon de mettre un tulle gras entre la plaie béante qu'est devenu mon doigt et les compresses du pansement. Vu que ça a pas mal saigné, pour décoller tout ça ce matin, ça a été carrément rock'n'roll.
- "Vous avez été très courageuse", me rassure l'infirmière en tapotant mon épaule, alors que je fixe mon reste de doigt qui pulse dans les hautes fréquences.

C'est faux, j'ai envie de lui répondre.
C'est archi-faux, je ne suis pas courageuse, je suis très lâche. Très.
Je fuis, j'esquive, j'évite.
J'ai tort, je sais.
A un moment ou un autre, va bien falloir que je commence à rédiger.