Petit matin gris aux yeux qui collent, je fais la gueule à l'écran de mon ordi. Les Filles d'à Côté passent devant la porte de mon bureau entr'ouverte en lançant "Café ! Thé ! Croissants ! Pains au chocolat !". Certaines s'arrêtent pour me faire la bise, hésitent à me demander si ça va, et finissent par me tapoter maladroitement mais gentiment l'épaule ou la joue.
Ca me déprime encore plus. Je me sens tellement seule. Je pense à ce bouquin que mon père voulait absolument que je lise, "La solitude du coureur de fond", et je soupire.
J'ai passé plus de 14 heures de la journée d'hier à travailler, et la nuit entre hier et aujourd'hui, à penser à ce que je n'avais pas fait et ce que j'avais encore à faire.
Et puis, Titi débarque dans mon bureau. Titi, c'est la secrétaire de mon labo. Elle ne me demande pas si ça va, rien. Elle me dit :
- "Saki, tu connais la différence entre une femme de 150 kg et un sanglier du même poids ?"
- "Heuh.... nOoon.."
- "Bin, le sanglier, quand tu l'as tiré, tu t'en vantes."

J'avoue, j'ai explosé de rire.