lundi 16 février 2004
My name is Thomas, Saint Thomas::08:54
Je n'ai jamais aimé la philo. Ma prof de Term, soporifique et brouillon au possible, a remarqué mon inhabituel jeune âge dès le premier jour, et ce crime impardonnable a été puni par des notes ne dépassant jamais la demi-douzaine, et des commentaires cinglants quoique justifiés "Manque de maturité !", "Grandissez un peu, que diable !". Je m'en foutais, à l'époque je n'aimais que les maths, et de toute mon âme.
Mais toute hérmétique que j'étais à la pensée philosophique, j'y ai quand même expérimenté une révélation, une de celles qui nous bouleversent sans qu'on s'en rende compte, qui nous plongent dans des abîmes de perplexité, un peu du même niveau qu'on m'a fait découvrir les atomes et les électrons au collège.
C'était à propos de ce courant de pensée qui veut que rien ne nous prouve que les endroits où nous ne sommes pas existent quand nous n'y sommes pas. J'avais trouvé cette idée bien égocentrée, mais elle m'avait perturbée au point de me jetter sur une cabine - eh oui, lointaine époque des dinosaures, pas de téléphone portable - pour appeler mes parents et vérifier qu'ils existaient toujours.
Des années plus tard, je bois mon thé trop chaud en regardant la rivière en bas de chez moi, et je trouve cette pensée étrangement réconfortante. Qu'est ce qui me prouve que le reste du monde existe quand je n'y suis pas ?
Et depuis quand j'ai besoin de voir pour croire ?
Mais toute hérmétique que j'étais à la pensée philosophique, j'y ai quand même expérimenté une révélation, une de celles qui nous bouleversent sans qu'on s'en rende compte, qui nous plongent dans des abîmes de perplexité, un peu du même niveau qu'on m'a fait découvrir les atomes et les électrons au collège.
C'était à propos de ce courant de pensée qui veut que rien ne nous prouve que les endroits où nous ne sommes pas existent quand nous n'y sommes pas. J'avais trouvé cette idée bien égocentrée, mais elle m'avait perturbée au point de me jetter sur une cabine - eh oui, lointaine époque des dinosaures, pas de téléphone portable - pour appeler mes parents et vérifier qu'ils existaient toujours.
Des années plus tard, je bois mon thé trop chaud en regardant la rivière en bas de chez moi, et je trouve cette pensée étrangement réconfortante. Qu'est ce qui me prouve que le reste du monde existe quand je n'y suis pas ?
Et depuis quand j'ai besoin de voir pour croire ?