Quand j'étais pitchoune, j'ai vécu à Marseille.
Et quand j'habitais à Marseille, j'allais souvent à la plage.
Même qu'une fois, je me suis baignée alors qu'il y avait des vagues énOOooOormes, des rouleaux terribles et fracassants, et un beau drapeau orange - mes accompagnateurs adultes devaient sûrement regarder ailleurs... Ou avoir abusé de l'apéritif.
Forcément, ça n'a pas loupé, j'ai manqué de me noyer. Emportée par les rouleaux comme dans une machine à laver, je ne savais plus où était le haut et où était le bas, et à peine je tentais de cracher les hectolitres que je venais d'avaler, que je me reprenais un mur d'eau salée sur la gueule.
Et puis, on m'a sauvée. Juste au moment où ma petite cervelle de pitchoune se disait que ça se présentait mal, on m'a attrapée solidement et ramenée vers la plage. Mon sauveteur sauveur, c'était un beau type tout bronzé avec le sourire ultra-bright et les lunettes de kakou des plages. Ma mère et ma marraine étaient tellement soulagées et reconnaissantes, qu'elles ont enduré pendant une bonne demi-heure ensuite ses pitoyables tentatives de drague.
Tout ça pour dire quoi ?
Rien.
Juste pour raconter une histoire.
Juste pour dire que j'ai à nouveau l'impression de me noyer.
Et que ce coup-ci, si on me sauve, je mords.