Ce matin, j'me suis extirpée du lit à cause d'un sms sonore qui voulait savoir si j'étais réveillée. J'ai la sale gueule des lendemains de jours trop attendus, de ces jours qu'on rêve pendant des mois et forcément, une fois qu'ils sont passés, c'est la déprime, faut chercher une nouvelle raison de vivre. Je me secoue, je ferme les yeux, et je me force à me souvenir. La joie animale, directement branchée à la basse de Kim, les hurlements, l'ambiance, les frissons de plaisir de les voir devant moi, les sourires des autres qui sont là, tout près de moi, et cette volonté, malgré la chaleur insupportable, la moiteur terrible, la première partie et les bandes annonces à la con, de vouloir faire de ce concert un truc mythique, un truc énorme. Un truc qui se finit trop vite, et je me traine jusqu'à Place d'Italie, pour apprendre à rouler des nems, profiter de la compagnie et du soleil, acheter une barbapapa et la transformer en totem.
Et monter dans un train sans colis piégé qui me ramène lentement chez moi, avec un putain de bouquin.
Et m'endormir, avec le sourire.

"Les désespoirs des petites filles sont de puissants freins qui ralentissent la course du Monde."
Jean-Bernard Pouy, Les roubignoles du destin.