Souvent, je trouve que j'abuse parce que je suis trop forte pour donner des conseils de la mort qui tue sans les suivre moi-même, c'est un peu genre l'Hôpital qui se fout de la Charité - j'adore ce dicton à la con, bref c'est pas le sujet passons.
En l'ocurrence, le conseil en question, c'était "y a pas de honte à demander de l'aide quand on en a besoin, hein" et je me suis dit bon allez, et j'ai téléphoné et j'ai pris rendez-vous chez un psy histoire de parler à quelqu'un de payé pour m'écouter ou du moins pour faire semblant de mes graves problèmes génétiques de procrastination. Vous me direz, à 15 jours d'envoyer ton manuscrit aux rapporteurs, tu t'y prends un peu à la dernière minute, nan, et vous aurez résumé l'histoire de ma vie en une seule phrase.
J'arrive donc au cabinet, je lui sers la main, il a l'air sympa, je m'installe dans le fauteuil, je suis un peu mal à l'aise, et j'espère de toutes mes forces qu'il lui suffise de marmonner deux trois formules magiques pour que paf je me mette à travailler.
Au bout de 5 minutes de silence courtois, je me rends compte que c'est moi qui doit causer, et je déballe, doucement d'abord, puis ça se met à partir tout seul comme des boîtes de conserve dans une réaction en chaine dans un rayon de supermarché, je remplis toute la pièce avec mes mots et ma voix j'oublie même de m'arrêter pour respirer par moment tellement j'ai de trucs à dire.
Et bin vous savez quoi ? Il s'est choppé un fou-rire. Tellement fort que quand il m'a dit au revoir à la semaine prochaine mademoiselle, il avait des larmes au coin des yeux.
Je fais rire mon psy.
Je sais pas comment je dois le prendre.