Ce matin, quand je me suis réveillée - avec difficulté et de petits yeux bouffis et moches - un des rapports tant attendus se trouvait dans ma boîte à mail.
Pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas la thèse - vous devez pas être nombreux, hein, je vous soupçonne tous d'être arrivés chez moi en tapant dans Google "Le suicide par la thèse en 10 leçons" ou "Comment empoisonner discrétos son directeur de recherche" - un rapport c'est un document de plusieurs pages que les deux rapporteurs - choisis par le doctorant et le directeur de thèse - écrivent au sujet du manuscrit. Les deux rapporteurs sont les membres du jury qui ont le plus d'importance dans la décision d'accorder ou pas le doctorat, ce sont ceux qui sont censés lire le manuscrit de fond en comble, et ce sont ceux qui autorisent ou pas à soutenir.
Donc, ce matin, j'avais un des rapports dans ma boîte à mail et ça m'a réveillée d'un coup, tiens. Je l'ai lu avec des noeuds dans le ventre, d'abord j'ai cru qu'il parlait de quelqu'un d'autre - je veux dire, Madame Kitten, c'est pas moi, hein, c'est ma mère - et ensuite, bon sang, ça casse quand même bien, mais la feinte c'est que tous les compliments sont gardés pour la fin, et bon, je m'en sors plutôt bien. Je suis pas d'accord avec toutes les remarques, je sens que ça va être sportif, la soutenance, mais le principal, c'est que je n'ai pas trop de modifications à faire à mon manuscrit - ouf - et que je suis autorisée à soutenir, youpi !  Même qu'il parle de travail d'excellent qualité, j'ose pas imaginer les critiques et les remarques dans ma gueule si j'avais fait un truc pourri...
Manque plus que le deuxième rapport, et c'est dans la poche.
Ha non, faudra aussi que je soutienne, merde.