Je compte, je décompte, j'additionne, je soustraie et je multiplie. Tous mes doigts y passent et mes orteils aussi. Je réfléchis, je plisse le front et dans mon effort, je tire un peu la langue. Une pensée vagabonde me fait perdre le fil, je rouspète et je recommence, ce coup-ci j'attrape un stylo et une feuille de papier. Je griffonne, je marmonne, alors dans le train, on va dire 50 minutes, la nuit prochaine, erf seulement 5 heures, mais je peux rajouter 45 minutes avec le train de retour...
Obsédée, je compte et je recompte mes heures de sommeil, je les mets de côté, je les économise, pour pouvoir mieux les dépenser. Je négocie violemment avec mon cerveau de banquier qui me fait cher payer les découverts et les intérêts.
Parce que si je ne dors pas, je ne rêve pas.
Et si je ne rêve pas...
Gare à moi.