Malgré ses promesses répétées, Goch, mon collègue, a oublié d'aller récupérer mes billets de train pour mon déplacement parisien de la semaine prochaine. Comme c'est aujourd'hui ou jamais, nous voici Titoon et moi dans l'obligation d'affronter les rues de Boink.
Conduire avec un sévère blocage étendu du rachis cervical relève du défi niveau plus-plus, mais finalement, vu que tous les Boinkois conduisent comme des glands et que le code de la route à Boink a été revu et corrigé par Lewis Carol sous acide, nous nous fondons dans le paysage telles deux caméleons verts décorés. Nous arrivons sans incident majeur à l'agence de voyage, j'abandonne Titoon en double file avec les warnings, le mode de stationnement préféré des indigènes, je récupère mes billets et ceux de mon patron par la même occasion, vu que je suis une employée sympa, serviable et qui ne garde aucune rancoeur d'avoir tout d'un coup deux fois plus de boulot mais toujours le même salaire *koff*koff*.
La première partie du trajet s'étant déroulée en moins de 8 minutes, j'ai bon espoir de rentrer rapidement dans le même laps de temps. Hélas, deux sens interdits, trois déviations, et quarante-deux jurons plus tard, je dois me rendre à l'affreuse évidence, je suis bel et bien perdue. J'envisage un instant de suivre la règle infaillible de mon petit papa "Tu vas tout droit, tu arrriveras bien quelque part', en me disant qu'avec un peu de chance, je pourrais voir la mer, mais un soudain embranchement en T me prive de cette solution de facilité. Titoon tousse et cale bruyamment pour m'indiquer sa mauvaise humeur, et je profite de cet instant de calme et de silence absolu pour observer les panneaux d'indication, sensés m'aider à retrouver mon chemin perdu.
A droite, "Toutes directions".
A gauche, "Autres directions".
Ha oué...