lundi 13 février 2006
Boût d'Hôpital::13:12
Putain, que le temps passe pas vite quand on s'emmerde. Les infirmières passent toutes les deux heures, je mange ma bouillie à heures fixes trois fois par jour, on vient beaucoup me voir mais la conversation tourne rapidement court quand l'un des deux interlocuteurs ne peut pas parler.
Je suis le croisement loupé entre une poire très blette et le masque d'Hannibal Lecteur, mais c'est pas grave, ça va dégonfler. Hein, ouais ? N'empêche que quand j'ai vu ma tête le lendemain de l'intervention dans le miroir de la salle de bain de ma prison de 5 jours, j'avoue, j'ai pleuré. Oh, pas longtemps, parce que quand on a la machoîre bloquée, pleurer, ça fait mal, et entre ça et respirer le choix est vite fait.
Putain, ce que je m'ennuie. Je fais des micro-siestes éclairs peuplées de rêves stupides dont j'émmerge prête à crier dès que ma tête penche d'un côté ou de l'autre, je bénis les calmants qui s'écoulent doucement dans ma perfusion, et ma mutuelle qui me rembourse la télé, un film c'est deux heures en moins à faire passer. Moi qui me croyait immunisée, je suis en train de me faire une grave indigestion de daubes télévisuelles, et au bout d'un moment, je finis toujours par éteindre, et me retrouver seule dans ma chambre, à regarder par la fenêtre, en guettant les bruits du couloir qui pourraient promettre un peu d'animation comme pendant la nuit aux soins intensifs où je comptais les gémissements angoissés du jeune garçon à côté de moi - opéré de la machoîre lui aussi - je serais bien allée le réconforter mais j'avais trop peur de voir son visage et le mien dans ses yeux, et pis cablée et reliée à toutes ces machines comme je l'étais, je ne pouvais même pas bouger.
Je suis le croisement loupé entre une poire très blette et le masque d'Hannibal Lecteur, mais c'est pas grave, ça va dégonfler. Hein, ouais ? N'empêche que quand j'ai vu ma tête le lendemain de l'intervention dans le miroir de la salle de bain de ma prison de 5 jours, j'avoue, j'ai pleuré. Oh, pas longtemps, parce que quand on a la machoîre bloquée, pleurer, ça fait mal, et entre ça et respirer le choix est vite fait.
Putain, ce que je m'ennuie. Je fais des micro-siestes éclairs peuplées de rêves stupides dont j'émmerge prête à crier dès que ma tête penche d'un côté ou de l'autre, je bénis les calmants qui s'écoulent doucement dans ma perfusion, et ma mutuelle qui me rembourse la télé, un film c'est deux heures en moins à faire passer. Moi qui me croyait immunisée, je suis en train de me faire une grave indigestion de daubes télévisuelles, et au bout d'un moment, je finis toujours par éteindre, et me retrouver seule dans ma chambre, à regarder par la fenêtre, en guettant les bruits du couloir qui pourraient promettre un peu d'animation comme pendant la nuit aux soins intensifs où je comptais les gémissements angoissés du jeune garçon à côté de moi - opéré de la machoîre lui aussi - je serais bien allée le réconforter mais j'avais trop peur de voir son visage et le mien dans ses yeux, et pis cablée et reliée à toutes ces machines comme je l'étais, je ne pouvais même pas bouger.