mercredi 21 juin 2006
Mauvaise journée pour les baleines::20:27
Je me plie sur ma couchette de TER, je ferme les yeux et je me dis qu'on aura eu un bel été tout de même. Court, mais chaud et ensoleillé. La pluie tape sur les carreaux du wagon qui brinqueballe tranquillement en direction de Boink. Je vais m'endormir, je me dis, et je compte les minutes de sommeil qui me reste avant l'arrêt "Pétasses", parce que ces saletés de jeunettes décorées comme des arbres de Noël dessinés par un enfant de 4 ans s'assoient systématiquement à côté de moi, et j'ai beau chercher l'option "mute" ou à défaut, l'option, "hummm, vous voyez pas que je dors, vous pourriez pas parler moins fort ?", je ne récolte que des regards aussi vides que ceux des vaches de l'autre côté de la vitre, le respect se perd, hein de mon temps, haaaa, de mon temps, ouais... Je grogne et je bouge de deux milimètres vers la droite dans l'espoir vain de trouver une position plus confortable, ma baleine de soutif me rentre brutalement et sournoisement dans les chairs, j'envisage deux minutes de me relever pour le virer dans les toilettes du TER, de toute façon, hein pourquoi j'en mets bordel, j'ai rien à soutenir à la fin, et alors que je m'endors, j'entend la voix de ma mère qui me rappelle que si je mets pas de soutif, je vais avoir les seins qui pendent, on peut avoir des absences de seins qui pendent ? C'est fou comme certaines remarques de nos proches peuvent nous marquer à jamais et nous poursuivre toute la vie, et j'essaie de chercher d'autres adages de ce genre qui m'ont forgée quand le Lapin Blanc traverse en courant le wagon en hurlant qu'on se fait attaquer, et je sors mes deux haches avec un grand sourire, pas de temps à perdre, je n'ai que trop peu de minutes pour rêver.