lundi 18 décembre 2006
Tu peux pas test::20:44
J'enfonce les mains dans mes poches de manteau. Je roule des épaules pour les détendre. Je suis hypertonique, c'est mon chirurgien qui me l'a dit ce matin, alors qu'il me palpait les cicatrices buccales et vérifiait que je supportais bien mes broches de métal. Je suis hypertonique, et je suis stressée, je l'ai toujours été mais mon boulot n'arrange rien. La preuve, je suis en congés, et je panique rien qu'à l'idée des mails qui s'empilent pendant que je vais affronter la foule pour tenter de diminuer mon interminable liste de cadeaux de Noël. Foutue famille nombreuse, l'année prochaine, je les force tous à avoir une wishlist Amazon. Ouais, même ma grand-mère.
J'aime pas les gens, j'aime pas la foule, j'appréhendais et j'avais raison. Les écouteurs de l'iPod vissés dans les oreilles, j'esquive, je feinte et je dribble entre les acheteurs, dégoutée que tout le monde ait eu la même idée que moi, dégoutée que les RTTs rendent les magasins aussi blindés en semaine qu'en week-end. J'enlève mon bonnet, je dégage mon écharpe, je planque mes gants et je déboutonne mon manteau. Virgin Mégastore a décidé de pousser le chauffage à fond. J'arrive au boss de fin après trois niveaux-rayons surchargés de monde et de tentations : la queue à la caisse. Je ronge mon frein. Je change de jambe. Je roule à nouveau des épaules, je suis hypertonique, ouais, ouais. Le mec devant moi, un jeune homme de l'âge de mon petit frère, titube, s'adosse à la caisse. Il est blanc comme un linge. Il a les yeux qui papillonnent et lentement, il glisse au sol. Je le retiens comme je peux, je tombe assise, je l'accroche de toutes mes forces pour lui éviter de s'envoyer la tête sur les présentoirs à CDs. Personne ne bronche. Il est lourd, je râle, je demande de l'aide, une mémé vient lui mettre une baffe, super. Les vendeurs arrivent à la rescousse, on le pousse doucement en position latérale de sécurité, vive mon AFPS, les pompiers sont en route, oké tout va bien, je paye, je prends mes paquets, je sors dans le froid, mon iPod me lance "Where is my mind", je suis hypertonique et j'ai les mains qui tremblent pire qu'une épileptique.
J'aime pas les gens, j'aime pas la foule, j'appréhendais et j'avais raison. Les écouteurs de l'iPod vissés dans les oreilles, j'esquive, je feinte et je dribble entre les acheteurs, dégoutée que tout le monde ait eu la même idée que moi, dégoutée que les RTTs rendent les magasins aussi blindés en semaine qu'en week-end. J'enlève mon bonnet, je dégage mon écharpe, je planque mes gants et je déboutonne mon manteau. Virgin Mégastore a décidé de pousser le chauffage à fond. J'arrive au boss de fin après trois niveaux-rayons surchargés de monde et de tentations : la queue à la caisse. Je ronge mon frein. Je change de jambe. Je roule à nouveau des épaules, je suis hypertonique, ouais, ouais. Le mec devant moi, un jeune homme de l'âge de mon petit frère, titube, s'adosse à la caisse. Il est blanc comme un linge. Il a les yeux qui papillonnent et lentement, il glisse au sol. Je le retiens comme je peux, je tombe assise, je l'accroche de toutes mes forces pour lui éviter de s'envoyer la tête sur les présentoirs à CDs. Personne ne bronche. Il est lourd, je râle, je demande de l'aide, une mémé vient lui mettre une baffe, super. Les vendeurs arrivent à la rescousse, on le pousse doucement en position latérale de sécurité, vive mon AFPS, les pompiers sont en route, oké tout va bien, je paye, je prends mes paquets, je sors dans le froid, mon iPod me lance "Where is my mind", je suis hypertonique et j'ai les mains qui tremblent pire qu'une épileptique.