Je suis en arrêt, parce que je suis fatiguée, épuisée, exténuée, et que j'ai une belle méchante otite carabinée comme je n'en avais pas eu depuis longtemps.
Je suis en arrêt, mais je suis trop con, parce que je bosse quand même.
"Ta conscience professionnelle tend au pathologique", me dit-elle, alors qu'elle s'affale dans mon canapé, épuisée par sa journée de stage. Ses yeux pétillent de malice, "Et dans consciencieuse...Il y a con !".
Je lui tire la langue, nous avons toutes les deux décidé il y a longtemps que nous ne pourrions jamais jamais faire le boulot de l'autre et réciproquement, et je la pousse du pied pour qu'elle se taise ; nous regardons Pékin Express et nous nous concentrons pour que nos équipes favorites gagnent.
Elle est allergique aux deux chefs d'entreprise pour des raisons primitives que je renonce à comprendre, mais par solidarité je souhaite leur échec, et nous faisons bloc contre le couple de copines-grandes-gueules qui nous agacent furieusement sans que nous sachions trop pourquoi. Les deux jeunes rastas perdent, dommage, on les aimait bien. Elle baille, nous allons nous coucher, elle se lève à 5h demain, je fais un crochet par mes mails, et ça y est, je suis furieuse et bien trop énervée pour dormir...
Je suis trop con... tout court.