Il est beau, mon fils. Il parait qu'il devrait savoir se retourner tout seul dos-ventre et ventre-dos, tenir presque assis, attraper les objets qu'on lui présente et préparer sa première dent. Il ne fait rien de tout ça. A la place, il sourit, pique des fous rires avec son père quand ils se font de violents câlins, et parle. Il parle, parle, parle, sans arrêt. On ne comprend rien, mais on sent bien qu'il a une opinion bien arrêtée sur ses couches, son lait, la situation économique, la crèche, l'immigration inversée et ses doudous, pas forcément dans cet ordre là. Et quand il parle comme ça, si on a le malheur de ne pas le regarder, il râle. Il est marrant, mon fils.